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Au sein de l’ethnie Muong au Vietnam

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mars 22, 2020
Continuons mon périple dans le Vietnam du Nord en direction d’une expérience unique. Je vous emmène loin de la foule vietnamienne et du chaos de Hanoï. Perdons un instant la notion du temps et allons nous perdre dans la nature encerclée par les meringues calcaires, une végétation luxuriante, l’humidité d’une brume dansante au petit matin… Partons à la découverte d’un endroit préservé afin de vivre en immersion au sein de l’ethnie Muong située au cœur de la réserve naturelle de Ngoc Son Ngo Luong dans le village Mu en pleine Province de Hoa Binh. Émotions, rencontres, dépaysement garanti.

VIVRE CHEZ LES MUONG

 

Il faut savoir que c’est une expérience réalisable une fois que l’on fait de petites recherches sur internet. Beaucoup d’agences de voyage permettent aux étrangers de rencontrer l’ethnie Muong dans le Nord du Vietnam. Cela s’appelle tout simplement de l’écotourisme. Il est donc possible de vivre en immersion complète chez l’habitant au sein d’une famille, notamment au cœur de la réserve naturelle de Ngoc Son Ngo Luong. Il est tout aussi possible de réaliser l’aventure seul et de réserver par vos propres moyens un « homestay » via le web. Il vous suffira ensuite de vous rendre à votre logement à l’aide de transports privés. Au cours de cet article, vous pouvez d’ailleurs consulter mon itinéraire de Hanoï jusqu’à la réserve où j’ai vécu mon « immersion » au sein du village Mu.

L’écotourisme:

C’est voyager autrement et en immersion hors des sentiers battus, au cœur de la nature, chez l’habitant afin de vivre une expérience plus réelle, plus riche. Il s’agit de rencontrer le monde autrement, d’éviter le tourisme de masse, de faire des rencontres uniques tout en préservant l’environnement et l’économie locale. Cela peut même aller plus loin puisqu’il est aussi possible de réaliser des missions écovolontaires (par exemple: protection des tortues ou aidez aux soins des éléphants maltraités). J’avoue que c’est une dimension qui m’attire totalement car un voyage est avant tout une aventure humaine. Pourquoi voyageons-nous? Pour découvrir le monde, différentes cultures et donc afin d’en apprendre plus sur soi et surtout les autres, notre planète. Pourquoi ne pas rendre alors cette découverte moins superficielle en partant à la rencontre réelle de différents modes de vie et certaines cultures? Pourquoi ne pas participer à des projets de développement locaux pour comprendre les enjeux d’un tourisme responsable?

RENCONTRE AVEC LES MUONG

MON PÉRIPLE

Itinéraire, bonnes adresses, lieux à découvrir

 

Parmi les 54 ethnies du Vietnam, celle des Muong fait partie d’une ethnie minoritaire la plus peuplée du Vietnam comptant plus de 1 300 000 individus. Les Muong sont implantés dans le Nord du Vietnam dans les provinces de Ninh Binh, Than Hoa et Hoa Binh.

 

C’est alors à bord d’un petit van que j’accède à la Province d’Hoa Binh après environ 4 heures de route depuis Hanoï. Approchant à destination, le chemin se transforme petit à petit en terre orangée. Le voyage se fait chaotique avec le véhicule qui saute dans tout les sens face aux pierres qu’il heurte sur le chemin montagneux. Il est aussi possible de réaliser le voyage en moto si vous avez la possibilité d’en louer une ou de vous faire escorter. Néanmoins, j’avoue préférer la sécurité du van car il y a beaucoup d’accidents de véhicule à deux roues dans ce pays à cause de chemins assez difficiles. Sur la route, il est aussi possible de s’arrêter pour manger un bout et je découvre alors un paysage noyé de brume. J’en profite pour me dégourdir les jambes et réaliser quelques clichés de cette nature mystérieuse…
Le périple continu afin de rejoindre la destination de Mu Village où se situe l’ethnie Muong (nichée au cœur de la réserve naturelle de Ngoc Son Ngo Luong). Non loin de ce village, se situe une célèbre cascade nommée Mu Waterfall pour les étranger et traduit littéralement par Thàc Mu pour les Vietnamiens. Thàc Mu n’est donc pas un village mais la cascade du village de Mu. Voici ci-dessous plusieurs itinéraires et bonnes adresses indiquées sur la carte. (Logement, lieux à voir).

Je suis donc dans les hauteurs du Village de Mu et il faudra environ 30 minutes à pieds et 2 km pour descendre la vallée afin de rejoindre l’ethnie Muong où se trouve mon « homestay » Suoi Mu Lodge. Je logerai donc 2 nuits chez l’habitant au coeur de la réserve naturelle de Ngoc Son Ngo Luong afin de rencontrer la population locale et d’en apprendre plus sur un mode de vie, une culture différente.

Pour cela, je traverse à l’aide d’un étroit chemin de terre, les champs défraîchis du mois de Novembre. Pour suivre l’itinéraire de Mu Village à Suoi Mu Lodge, il faut parcourir le chemin en descendant différents plateaux à l’aide de pentes parfois très aiguës. Il faut faire extrêmement attention à ne pas glisser surtout si la pluie a pointée le bout de son nez. Il serait dommage de se blesser à cause d’une boue ou d’une végétation trop glissante. Le long de cette balade, je peux admirer en hauteur le paysage, les premières habitations, ces meringues calcaires habillées d’une végétation luxuriante et me retrouver parfois nez à nez avec des buffles d’eau sauvages. Néanmoins, il existe une route beaucoup plus accessible depuis l’arrière du village.

 

MON ARRIVÉE AU SUOI MU LODGE <

UN GÎTE CHEZ UNE FAMILLE MUONG

AdresseMu, Tự Do, Lạc Sơn, Hòa Bình, Vietnam

C’est dans la province d’Hoa Binh, dans le village Mu que je rejoins l’habitation traditionnelle d’une famille Muong nommée Suoi Mu Lodge. Nichée au cœur de la réserve naturelle de Ngoc Son Ngo Luong (entre celle de Pu Luong et le parc national de Cuc Phuong), je découvre la maison en bois sur pilotis dans laquelle je vais passer 2 nuits. Je sens une atmosphère positive, calme et il me tarde d’aller à la rencontre de la population. Je suis émerveillée par le côté préservé du village comme noyé dans la nature afin de se camoufler.
Au Suoi Mu Lodge, une famille de l’ethnie Muong vous accueille dont la très souriante hôte Thuc qui à le don de cuisiner de petits plats à tomber par terre et aux ingrédients frais cuits au feu de bois. Les petits chiots, curieux, viennent aussi vous accueillir en vous tournant un peu autour. La maison, située au bord d’une cascade, se compose de deux grandes pièces; une commune où se déroule les repas et une autre pour la nuit où des matelas avec de grosses couettes colorées sont installées car les nuits peuvent vite devenir fraîches au mois de Novembre. La température peut chuter jusqu’à environ 2 degrés. Il y règne une atmosphère authentique et la simplicité voir le minimalisme de l’habitation aux matériaux bruts n’enlève rien au côté chaleureux de l’endroit. Côté pratique, il y à des prises électriques dans la chambre et on peut recharger les batteries à moins que d’autres ai envie de déconnecter complètement…
Le confort reste rudimentaire mais l’accueil très chaleureux et la nourriture, délicieuse. Il y a également d’autres adresses vous permettant de vivre chez l’habitant dans la même province et les tarifs peuvent varier de 5 à 30 euros par nuit allant de la simplicité à plus de confort. A vous de voir si vous vous sentez l’âme aventurière.
Infos: Les famille Muong vivent dans des maisons sur pilotis dont les toits sont fabriqués avec des feuilles de palmier. Elles possèdent également leur propre basse cours (poules, porc, buffles d’eau, vaches…) Cette ethnie pratique également la culture du riz, de céréales et de légumes ainsi que la pêche en eau douce et l’arboriculture (bambou, cannelle, bananier). 

– Les essentiels à emporter pour une nuit en immersion

Je me suis dis que ça pouvait aussi être sympathique de vous noter les essentiels à emporter lors d’une nuit en immersion chez les Muong. Ce sont des choses que je possédais et d’autres après l’expérience que j’aurai bien aimé avoir avec moi. Il faut savoir qu’en Novembre, le temps dans les montagnes est relativement agréable mais très contrasté. Petit tunisien l’après-midi avec parka en cas de pluie et gros pull le soir pour dormir. Les moustiques sont très peu présents en Novembre mais je vous conseille tout de même de vous munir des produits nécessaires, ne sait-on jamais. Tout bon voyageur qui se respecte emporte avec lui un sac à viande et une petite trousse de secours.

 

Pour le reste, je vous laisse découvrir ci-dessous quelques essentiels:

 

Parka / Lingettes nettoyantes / Papier toilette humide ou mouchoirs / Shampoing sec / Lampe de poche / Anti-moustique (même en Novembre) / Trousse de secours (Pince à épiler, couteau Suisse, pansements, désinfectant, médicaments) / Boule Quies / Sac à viande / Pyjama et chaussettes épaisses au mois de Novembre / Paires de claquettes en plastique pour aller aux sanitaires / Serviette de douche en microfibre pour un séchage rapide / Multiprise

 » Les habitants de ce village m’ont beaucoup émus de part leur simplicité et leur accueil chaleureux et des sourires sincères. Lors de ma balade, seule à explorer, j’ai senti une pression s’évanouir. Je suis en quelque sorte une éponge qui aspire l’atmosphère. L’humidité est moins présente, l’air de la montagne laisse s’évader mon esprit laissant oublier les souvenirs d’Hanoï qui vous savez maintenant grâce à quelques articles, a le don de vampiriser l’énergie. Ambiance étouffante, bordélique, écoeurante parfois même si c’est électrisant au début, il était temps de bénéficier d’une parenthèse agréable où la vie s’écoule lentement sans craintes ni contraintes. Juste, être. J’ai oublié d’être en apnée. Je suis là, j’existe au moment présent sur un globe terrestre, ni plus, ni moins. Il y à comme un oubli de tout ces enjeux futiles. J’existe juste pour ce que je suis. « 

La vie au petit matin

 

En voyage, j’ai tendance à me lever très tôt vers les cinq heures du matin pour profiter de l’aube et admirer ce côté magique de l’instantané, du simple fait d’être soi et de s’ancrer dans le moment présent quand la vie s’éveille. C’est aussi un petit moment que je prends pour me retrouver seule et profiter de la nature sans mouvement, sans personne. Je suis de nature solitaire et avec le temps, j’ai de plus en plus besoin de ma dose: rester avec moi-même, mes pensées, surtout au réveil car j’aime bénéficier d’une certaine intimité pour laisser émerger mon esprit en douceur. C’était alors assez rigolo de descendre les escaliers de la maison en pyjama à l’aide ma lampe torche pour aller profiter de ce silence, de cet air frais et de cette obscurité au milieu de nul part.

La nuit, la lune illumine le ciel et une lumière bleutée envahie le village contrasté par les lumières chaudes des petites maisons se réveillant. Quelques heures après, c’est avec mon compagnon de toujours, mon appareil photo, que je pars explorer la vie qui s’éveille…. Situées à l’opposé l’une de l’autre, il y à d’ailleurs deux écoles dans ce village; une maternelle et une école primaire. Les enfants se préparent pour s’y rendre à l’aube et je les observe passer devant moi avec leurs petits cartables.

Cette région préservée dans laquelle vit le peuple Muong est un endroit parfait pour déconnecter de la vie animée des grandes villes du Vietnam. J’ai aimé découvrir cette autre facette du pays avec ces paysages grandioses. C’est aussi l’occasion d’un retour à une authenticité touchante avec les enfants dont la pureté et l’innocence m’a touché en plein coeur.

UNE RENCONTRE INATTENDUE

C’est en m’aventurant un peu loin du centre du village que je tombe nez à nez avec deux chiens sauvages pas très commodes. Les grognements commencent à m’inquiéter quand j’entends au loin une voix. Je fais alors demi tour à toute vitesse pour me diriger vers celle-ci afin de faire la rencontre bienveillante mais inattendue de cette gentille vieille dame. Elle m’invite à monter dans sa maison sur pilotis et timidement, après avoir enlevé mes chaussures, je fais la découverte de sa modeste demeure. En s’asseyant en tailleur sur un plateau de bois surélevé, près d’une fenêtre, elle se met à fumer le bambou pas loin d’une cinquantaine de centimètre. Regard pensif, je contemple le personnage au travers de volutes. Elle me propose de boire un thé et commence à couper du pomelo bien frais. Je me retrouve émue par son regard et ses gestes bienveillants, son habitude de sans cesse me prendre les mains pour les recouvrir des siennes. Elle me présente sa fille revenu du village et nous commençons à échanger. Qu’importe le langage, les signes et les rires ne nous empêchent pas de créer des moments complices. Elle ne cesse de me sourire et de me taper bien fort dans le dos. Elle adore regarder mes photos et se lève pour me présenter sa famille au travers de petits clichés colorés accrochées au mur, juste au dessus de la télévision dans cette grande pièce presque vide. Dans sa grande armoire elle sort ensuite des petits carnets soigneusement emballés et me montre comment écrire sa langue. Elle insiste pour que j’écrive une phrase et la lise à voix haute. Je m’applique et elle prends au sérieux ce moment instructif. Je sens alors toute l’importance de la tradition et de la richesse de la littérature Muong entre poésies, contes et légendes. Moment émouvant. Bienveillance. Sincérité touchante. Je me retrouve surprise à communiquer de plus en plus facilement mais il est déjà temps de partir.
AJOUTER UN PETIT MOT +

Tes photos sont magnifiques, profondes, touchantes. Ca a du être une expérience formidable.

Merci beaucoup 🙂 C'est très gentil! C'était une belle expérience grâce à l'Ethnie Muong qui était très accueillante et souriante. C'est tellement rare dans ce monde. Je recommande à tout le monde de vivre cette expérience entouré des bonnes personnes.

Je n'ai pas eu le temps de me rendre sur les blogs ces derniers temps, mais j'ai pu voir tes photos passer. Que je suis de plus en plus admirative de ton travail ! Il est superbe. Tout est travailler pour nous emmener voyager. Tu es vraiment douée Camille, bravo !

Merci beaucoup, ça me touche 🙂 Bientôt mes reportages seront plus mit en valeur sur un nouveau blog courant Septembre 🙂

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